Les Candidats invisibles

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CEUX QUI RESISTENT

            Avez-vous entendu parler des « petits candidats » ? Nous ne pensons pas en l’occurrence à ceux qui ont été ainsi nommés avec mépris par les médias alignés, mais à ceux qui malgré des programmes dignes d’intérêt, et une base militante non négligeable,  n’ont bénéficié d’aucune couverture médiatique et ne sont pas parvenus à réunir leurs 500 signatures. Est-ce  en raison du fait que certaines de leurs propositions pouvaient sembler inadmissibles ? Par exemple : la reconnaissance du vote blanc, la mise en place assemblée nationale Consituante (nom pris par les Etats généraux le 9 juillet 1789 lorsqu’ils décidèrent de se soulever), la sortie de l’Union Européenne, des referendums sur certaines questions de poids, comme le cumul des mandats, la suppression des régions, la désignation de certains Hauts-Fonctionnaires par tirage au sort. Qui sont ces « petits candidats » dont si peu de gens ont entendu parler ? L’Audible est allé à la rencontre de Stéphane Guyot, président du Parti du Vote Blanc, François Asselineau, président de l’Union Populaire Républicaine, et Gérard Privat,  président de Referendum d’Initiatives Populaires.

INTERVIEW

 Stéphane GUYOT : Président du Parti du vote Blanc

 Comment l’idée de créer le Parti du Vote Blanc est-elle née ?

En 1995, je suis très déçu du résultat du 1er tour et je me demande si je peux au moins voter blanc pour dire que je ne suis pas d’accord. Alors je fais des recherches. Le vote blanc existe symboliquement dans les textes mais pas dans les faits donc il ne sert pas à grand chose. J’en parle autour de moi, écris quelques billets là-dessus mais j’ai 26 ans, je viens d’avoir mon deuxième fils donc je garde cette idée dans un coin de ma tête et m’occupe de ma famille. Entre temps, je continue de relayer l’idée, notamment sur les réseaux sociaux et parfois même à la radio, constatant que beaucoup de gens en ont ras-le-bol et veulent changer les règles. Mais comment change-t-on les règles ? Il faut donner du pouvoir au vote blanc, il faut poser les choses : le parti du vote blanc est né !

Qu’est-ce que le vote blanc ?

Voter blanc signifie « Je veux participer mais aucun des candidats et/ou programmes ne me convient ». Quelle est la différence entre voter blanc et s’abstenir ? L’abstention consiste à ne pas participer à un scrutin, c’est-à-dire qu’on ne se déplace pas pour aller voter. L’abstention exprime initialement un désintérêt total pour la vie politique. Néanmoins, elle est devenue ces dernières années un véritable acte politique consistant à ne pas se prononcer afin de montrer son désaccord. Elle traduit ainsi une crise de la représentation et peut poser la question de la légitimité du pouvoir politique élu avec une faible participation. L’inconvénient de l’abstention, c’est qu’elle est toujours interprétée par le pouvoir politique comme une simple non-participation et n’a aucun effet sur les résultats.

Qu’en est-il du vote nul ?

Le vote nul est le résultat d’une erreur de manipulation. Bulletins de vote raturés ou griffonnés, enveloppe vide ou avec plusieurs bulletins… Mais, il arrive également que l’électeur ait volontairement déposé un bulletin nul pour manifester son opposition aux différents candidats présentés. Le vote nul rejoint ainsi, du moins dans l’intention, une abstention détournée de son sens premier, et utilisée pour adresser un message que le pouvoir politique refuse volontairement d’entendre.

Quel est votre but ?

Notre but est la modification du code électoral. Nous proposons sur notre site le texte visant à modifier les articles qui réglementent les opérations de vote, et plus précisément ceux directement liés à l’expression du vote blanc.

Comment voter blanc ?

Il n’y a qu’une façon de voter « blanc » : mettre un bulletin blanc dans l’enveloppe.

Dans le cas où le vote blanc était reconnu, que se passerait-il s’il vote blanc était majoritaire lors d’une élection ?

Le vote blanc pose la question de la légitimité des élus et propose l’invalidation d’un scrutin en cas de résultat majoritaire.

Comment expliquez-vous que les médias aient si peu relayé votre démarche ?

Le vote blanc est considéré comme dangereux car s’il arrive à convaincre les abstentionnistes de voter blanc il pourrait invalider les élections. Francis Lalanne par exemple, a été fortement conseillé de ne pas poursuivre son soutien au risque de ne plus jamais être invité sur les plateaux de télévision.

 

INTERVIEW

 Gérard PRIVAT : Président du Référendum d’Initiatives Citoyennes ( RIC)

 Quelle ligne suit le RIC ?

Le Rassemblement pour l’Initiative Citoyenne a vocation à rassembler ! Il ne propose des réformes qu’en matière institutionnelle, et ne prend position ni en matière économique et sociale, ni sur les faits de société.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Je continue mon action au sein d’Avenir Solidaire comme auparavant, pour développer la réflexion sur la mise en place d’un fonctionnement réellement démocratique de nos institutions. Si un mouvement présente un projet plus complet et cohérent que celui d’Avenir Solidaire pour répondre aux attentes du peuple, je suis prêt à m’y associer. Pour l’instant, de tous les mouvements dont j’ai connaissance, Avenir Solidaire est celui qui présente le projet le plus complet et le plus cohérent pour mettre en place une véritable démocratie et transmettre la souveraineté au peuple. Je ne participerai donc pas à l’association qui s’est créée sous l’appellation « Démocratie », telle qu’elle a été présentée dans son fonctionnement à la réunion du 17 mars organisée à Paris. De plus, comme je l’ai déjà annoncé à la réunion du 24 février pour une tentative de regroupement de petits candidats à l’élection présidentielle, je ne veux pas détruire la cohérence du programme d’Avenir Solidaire en l’associant même partiellement à d’autres projets dont certains éléments lui seraient contradictoires. Je souhaite bon vent au projet Démocratie lancé le 17 mars. Mais s’il advient qu’il échoue, le mouvement citoyen Avenir Solidaire sera là pour accueillir ceux qui voudront le rejoindre.

Quels défis nous attendent ?

En ce début de troisième millénaire, nous vivons la fin d’un monde. Nous n’avons pas à avoir de regrets car ce monde ne correspond plus aux attentes des peuples et encore moins aux attentes des jeunes gens. Cependant, les dirigeants actuels de tous bords et dans tous les domaines d’activités sociales, s’accrochent à leurs pouvoirs qu’ils ne veulent pas lâcher. Ces dirigeants s’accrochent d’autant plus à leurs pouvoirs qu’ils sont soutenus par une mondialisation bâtie sur l’égoïsme et la compétition comme premières règles. Cette mondialisation tolère la démocratie à la condition que la démocratie respecte les exigences de cette mondialisation. De là, naissent une multitude d’ambiguïtés, de contradictions et de manipulations à l’orgine des innombrables difficultés que l’humanité rencontre actuellement. Il nous faut donc absolument éviter de commettre les mêmes erreurs, notamment en évitant d’affronter cette mondialisation, encore toute puissante, car cet affrontement la renforce tout en épuisant ceux qui veulent la combattre sans organisation et sans armes appropriées.

Comment organiserait-on une société plus démocratique ?

Nous devons nous employer à détourner les énergies qui alimentent cette mondialisation sans l’affronter directement, mais en veillant à ce que les dirigeants soient résolument respectueux des valeurs nouvelles essentiellement fondées sur la démocratie. Évitons donc de mettre des mettre des individus manifestant un appetit féroce pour le pouvoir à la tête des organisations et institutions ! Pour cela, toute nouvelle association ou organisation sociale doit observer un véritable fonctionnement démocratique. C’est plus lourd à gérer que des décisions oligarchiques prises par un groupe réduit mais c’est la condition pour des rassemblements homogènes, volontaires et puissants, capables d’aller aussi loin que nécessaire pour instaurer durablement la coopération et le partage pour une véritable justice sociale. Faute de cela, on reproduira les mêmes erreurs avec des situations comparables et des conflits d’autant plus sévères que les espoirs seront déçus. La jeunesse qui veut le changement est bien présente en nombre et en puissance. Il lui reste à s’organiser efficacement, aidons-la à fonder la société du troisième millénaire.


Énarque, ancien inspecteur des finances à Bercy, et Directeur de cabinet de plusieurs ministres, François Asselineau fondateur de l’Union Populaire Républicaine (UPR)

A ceux qui prônent plus de fédéralisme européen face à la crise, ce gaulliste souverainiste répond que « la construction européenne n’est pas la solution, c’est le problème ». Cette position radicale tranche avec la tiédeur des candidats à l’élection présidentielle, qui, pour les plus revendicatifs, agitent la promesse vague d’une autre Union Européenne, plus soucieuse de l’intérêt des peuples, plus démocratique, moins libréale. Si l’UPR est parvenu à faire entendre sa voix sur internet, par le biais des médias sociaux et des vidéoconférences de son Président, il en a été autrement sur les médias de masse. Alors que certains candidats « folkloriques » à l’élection Présidentielle ont fait l’objet de focus médiatiques ou ont été invités dans des émissions politique, la censure dont a fait l’objet l’UPR a été à peu près totale jusqu’au moment, très tardif où CSA, saisi par François Asselineau, a contraint une chaîne de télévision a lui accorder une courte interview. Jean-Jacques Bourdin a été l’un des plus farouches opposants pour faire passer à l’antenne de RMC le Président de l’UPR, malgré des sondages sur le site de la radio démontrant une réelle demande du public… Pourtant, à regarder de plus près son programme, on trouve des propositions originales et audacieuses qui mérietraient d’être débattues: retour aux valeurs du programme du Conseil National de la Résistance de 1944, redonner à la France sa souveraineté militaire en sortant de l’OTAN, « soustraire l’économie, les services publics et les médias à la mainmise des féodalités privées »… L’UPR par ailleurs n’a rien d’un parti improvisé avec ses 1200 adhérents. Les propositions de l’UPR auraient pu intéresser les français, mais ils en auront été privés par le parti pris de quelques individus à la tête des médias alignés de lui refuser toute publicité. Si l’on ajoute à cette occultation la règle antidémocratique des 500 parrainages de maires non anonymes, les chances de François Asselineau de se qualifier pour le scrutin présidentiel étaient à peu près nulles. Malgré un travail acharné de ses adhérents jusqu’au dernier moment, la candidature de François Asselineau n’a recueilli finalement que… 17 signatures… à comparer avec les 5000 obtenues par Nicolas Sarkozy et François Hollande. C’est pourquoi le Président de l’UPR appelle à l’abstention lors de l’élection présidentielle, qu’il qualifie de « mascarade à quatre tours » : un premier mené par les journalistes politiques qui choisissent qui mérite se faire connaître du grand public, un second sous la responsabilité des 40000 maires susceptibles d’accorder un parrinage (qui subissent des pressions de la part des deux grands partis), et enfin, lorsque les plus dangereux candidats ont été écrémés, et que toutes les personnalités du jeu de rôle ont été choisies, un troisième et un quatrième tour pour le peuple.

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