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Obsolescence programmée

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L’obsolescence programmée  regroupe les techniques visant à réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit afin d’en augmenter le taux de remplacement. Visant la surconsommation, ces techniques sont la cause d’une création inutile et sans cesse renouvelée de produits manufacturés dont la conséquence est la production d’immenses quantités de déchets. Elles supposent pour être opérationnelles une situation dominante, de monopole ou d’oligopole du fabriquant . L’obsolescence programmée se décline en différents stratagèmes impliquant tous les types de produits manufacturés. On peut évoquer :

–        le défaut fonctionnel, qui concerne les produits électroménagers et électroniques où le coût de réparation, constitué du prix de la pièce de remplacement, du coût de la main d’œuvre et des frais de transport, s’avère supérieur au prix d’un appareil neuf[1].

–        la péremption pour les produits alimentaires grâce à la confusion entretenue entre date limite d’utilisation optimale et date limite de consommation.

–        l’obsolescence indirecte pour les produits informatiques : les produits sont fonctionnels mais les produits associés ne sont plus disponibles ou incompatibles avec les version ultérieures[2].

–        l’obsolescence par effet de mode dont l’industrie du vêtement est la partie la plus visible[3].

–        la stratégie assumée des produits jetables.

Bernard London, qui réfléchissait aux moyens d’obtenir une croissance continue et durable susceptible de sauver après la catastrophe de la crise de 1929 notre modèle de civilisation basée sur la consommation, a proposé en 1932[4] de rendre l’obsolescence programmée obligatoire, non pas en produisant des produits de mauvaise qualité, mais en leur imposant une date limite légale, après laquelle les consommateurs devraient obligatoirement les renvoyer, pour les recycler de manière à entretenir un flux éternel de produits manufacturés. L’idée a déjà quelque chose de qui heurte notre sens commun, mais nous sommes allés beaucoup plus loin: nous faisons produire sans fin à des esclaves à l’autre bout du monde des produits obsolescents non recyclables qui polluent la planète pour contraindre chômeurs et précaires qui ne peuvent investir dans des produits durables à consommer de manière perpétuelle. Une question se pose alors : que faire de notre temps si ce n’est l’occuper perpétuellement et inutilement  à  concevoir, promouvoir, produire, vendre et jeter de tels produits ?

 


[1]             Frédéric Lohier, Batteries non amovibles : Apple et Dell défient les normes européennes

[2]             Frédéric Bordage, Logiciel : la clé de l’obsolescence programmée du matériel informatique

[3]             Théorisé et promu par le designer industriel Brook Stevens

[4]             Bernard London, Ending the Depression Through Planned Obsolescence http://www.adbusters.org/blogs/blackspot_blog/consumer_society_made_break.html

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2 Responses to “Obsolescence programmée”

  1. sengo

    Tres pertinent!

    Je salue l’esprit de « L’AUDIBLE », intuitivement, je pense qu’il faut passer a une étape suplémentaire, qui est la déconstruction methodique des sujets en matiére juridique, qui pourraient impliquer des partis ou des mouvements citoyens durables et motivés

    merci

    Répondre

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