Vote blanc à l’Assemblée Nationale  : le rendez-vous manqué  !

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Une dépêche AFP titrait prématurément jeudi 22 novembre  : « L’assemblée nationale adopte à l’unanimité la reconnaissance du vote blanc« . Le vote blanc a-t-il vraiment été reconnu lors de cette journée  ? Stéphane Guyot, présent à l’assemblée nationale ce jour là et président du parti du vote blanc, fait part de son témoignage à l’Audible.

Jeudi 22 Novembre 2012 était discuté en séance publique à l’Assemblée Nationale la proposition de loi déposée par François SAUVADET pour la reconnaissance du vote blanc. Hélas, cette nouvelle proposition de loi s’est retrouvée vidée de son sens par les 90 députés présents qui n’ont retenu qu’une simple séparation des votes blancs et des votes nuls. Rien de surprenant dans la mesure où la commission des lois constitutionnelles s’était réunie le 14 novembre* pour refuser la proposition et négocier les amendements jugés ‘’acceptables’’, laissant apparaitre que le vote blanc reconnu comme un suffrage exprimé était avant tout, pour les parlementaires, un danger.

Cette évolution pourrait pourtant satisfaire les défenseurs du vote blanc et ceux qui, plus généralement, en appelaient à une ‘’rénovation et une déontologie de la vie publique’’. En effet, en distinguant enfin l’électeur qui se déplace pour signifier son insatisfaction citoyenne de celui qui, par maladresse, aura laissé une enveloppe vide ou contenant deux bulletins, un pas à été fait. Mais un petit pas seulement, car cette fausse reconnaissance des votes blancs, comptés séparément et non dans les suffrages exprimés, ne remet pas en cause la légitimité des autres candidats, ne fait pas baisser leurs résultats, ne permet pas d’annuler une élection en cas de majorité de blancs et ne sera d’aucun effet sur l’abstention. Car une loi sans sanction n’est pas une loi.

Un petit pas incompréhensible au regard du sondage LH2/ Nouvel Observateur publié le 12/11/2012 faisant ressortir que 69% des français sont favorables à la reconnaissance du vote blanc. Ceci prouve une fois de plus l’incroyable décalage entre les attentes du citoyen et l’immobilisme du législateur pourtant censé le représenter. Un petit pas en avant mais un bond de géant en arrière, car un texte de loi similaire avait été voté par l’Assemblée Nationale en 2003. Ce projet de loi dort depuis maintenant 10 ans au Sénat sans qu’il soit soumis à l’ordre du jour. Souhaitons que cette nouvelle proposition ne subisse le même sort.

Un petit pas qui soulève de grandes questions.

Où sont passés les 487 autres parlementaires  ? En effet, seuls 90 députés sur 577 étaient présents dans l’hémicycle, c’est-à-dire moins de 16% des parlementaires. C’est parfaitement légal, mais avec une ‘’unanimité’’ à ce point relative, on peut s’interroger sur la légitimité d’une telle unanimité.
En relayant une dépêche AFP « racoleuse » et certainement préparée par le service de communication de l’UDI, (« L’Assemblée nationale adopte à l’unanimité la reconnaissance du vote blanc« ), les médias se sont précipités sans même analyser le fond de l’information. Pour un résultat aussi maigre, un tel tapage médiatique était-il nécessaire  ? N’aurait-il pas mieux valu que ces parlementaires fassent pression auprès de leurs collègues du Sénat afin que la loi de 2003 soit enfin validée  ? Une action moins médiatique, certes, mais bien plus efficace.

Un petit pas, donc, car entre compromis et compromission il n’y avait qu’un pas à faire et il a été fait.

SG

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